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La tour Eiffel, initialement nommée tour de 300 mètres, est une tour de fer puddlé construite par Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Situé à l'extrémité du parc du Champ-de-Mars, en bordure de la Seine, ce monument parisien, symbole de la capitale française, est le neuvième site le plus visité du pays en 2006 et le premier monument payant visité au monde avec 6,893 millions de visiteurs en 2007.
D'une hauteur de 313,2 mètres à l'origine, prolongée par la suite de nombreuses antennes dont la dernière en date culmine à 324 mètres, la tour Eiffel est restée le monument le plus élevé du monde pendant plus de 40 ans. Utilisée dans le passé pour de nombreuses expériences scientifiques, elle sert aujourd'hui d'émetteur de programmes radiophoniques et télévisés. Sa construction na duré que 2 ans et 2 mois et personne nest mort pendant le chantier.
Imaginée en 1884, édifiée entre 1887 et 1889 et inaugurée pour l'exposition universelle de 1889 à Paris, la tour Eiffel symbolise de nos jours, un pays en entier, la France.
Pourtant, il n'en fut pas toujours ainsi. La tour Eiffel a d'abord fait partie de la vitrine économique du pays. À partir de 1875, la Troisième République naissante, caractérisée par une instabilité politique chronique, peine à se pérenniser. Au gouvernement, les équipes politiques se succèdent à un rythme soutenu. Selon Léon Gambetta, il est souvent composé de ministres opportunistes , mais dont l'uvre législatrice posa les pierres des principes encore en vigueur de nos jours : école obligatoire, laïcité, liberté de la presse etc. Mais la société de l'époque porte encore plus d'attention aux progrès techniques qu'elle ne croit au progrès social. C'est cette foi dans les bienfaits de la science qui a donné naissance aux expositions universelles. Mais dès la première exposition (Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations, Londres, 1851), les gouvernants s'aperçoivent vite que derrière l'enjeu technologique se profile une vitrine politique, dont il serait dommage de ne pas profiter. En démontrant son savoir-faire industriel, le pays accueillant l'exposition signifie par là même son avance et sa supériorité sur les autres puissances européennes, qui régnaient alors sur le monde.
Dans cette optique, la France accueille à plusieurs reprises l'exposition universelle, comme en 1855, en 1867 et 1878. Jules Ferry, président du Conseil de 1883 à 1885, décide de relancer l'idée de la tenue d'une nouvelle exposition universelle en France. Le 8 novembre 1884, il signe un décret instituant officiellement la tenue d'une exposition universelle à Paris, du 5 mai au 31 octobre 1889. L'année choisie n'est pas innocente, puisqu'elle symbolise le centenaire de la Révolution française. Paris sera encore une fois au centre du monde. Quoique du côté du Nouveau Monde les choses évoluent vite et c'est de l'autre côté de l'Atlantique, au sein de la jeune puissance économique des États-Unis d'Amérique, que naîtra véritablement l'idée d'une tour de 300 mètres. En effet, lors de l'exposition universelle de Philadelphie en 1876, les ingénieurs américains Clark et Reeves, imaginent un projet de pylône cylindrique de 9 mètres de diamètre maintenu par des haubans métalliques, ancrés sur une base circulaire de 45 mètres de diamètre, d'une hauteur totale de 1 000 pieds (environ 300 mètres). Faute de crédits, leur projet ne verra jamais le jour, mais sera quand même publié en France dans la revue Nature.
Dans la même lignée, lingénieur français Sébillot puise, aux États-Unis, lidée dune tour-soleil en fer qui éclairerait Paris. Pour ce faire, il sassocie avec larchitecte Jules Bourdais, qui fut à lorigine du palais du Trocadéro pour lexposition universelle de 1878. Ensemble, ils concevront un projet de tour-phare en granit, haute de 300 mètres qui connaîtra plusieurs versions, concurrencera le projet de tour de Gustave Eiffel, et qui finalement, ne sera jamais construit.
En juin 1884, deux ingénieurs des entreprises Eiffel, Maurice Koechlin et Émile Nouguier, respectivement chef du bureau détudes et chef du bureau des méthodes, se penchent à leur tour sur un projet de tour métallique de 300 mètres. Ils espèrent pouvoir en faire le clou de lExposition de 1889. Cette esquisse, réalisée le 6 juin 1884 par Maurice Koechlin, est le tout premier croquis du pylône de 300 mètres, qui deviendra plus tard la tour Eiffel. Le 6 juin, très exactement, Maurice Koechlin dessine le tout premier croquis de lédifice. Le dessin représente un haut pylône de 300 mètres, où les quatre piles incurvées, se rejoignant au sommet, sont reliées par des plates-formes tous les 50 mètres. Gustave Eiffel voit cette esquisse, dit ne pas sy intéresser, mais concède toutefois à ces concepteurs lautorisation de poursuivre létude.
Stephen Sauvestre, architecte en chef des entreprises Eiffel est sollicité et redessine complètement le projet pour lui donner une autre envergure : il rajoute de lourds pieds en maçonnerie et consolide la tour jusquau premier étage par le truchement darcs, réduit le nombre de plates-formes de cinq à deux, surplombe la tour dune coiffe la faisant ressembler à un phare, etc. Cette nouvelle mouture du projet, agrémentée du vernis décoratif décrit ci-dessus, est à nouveau présentée à Gustave Eiffel qui, cette fois-ci, se montre enthousiasmé. À tel point quil dépose, le 18 septembre 1884, en son nom et ceux de Koechlin et Nouguier, un brevet pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques dune hauteur pouvant dépasser 300 mètres . Et bien vite, il rachètera les droits de Koechlin et Nouguier, pour détenir les droits exclusifs sur la future tour, qui par voie de conséquence, portera son nom.
Le génie de Gustave Eiffel ne réside donc pas dans la conception du monument, mais dans lénergie quil a dépensée à faire connaître son projet auprès des gouvernants, des décideurs et du grand public, pour pouvoir construire la tour, et, une fois que cela fut fait, dans linvestissement pour en faire, aux yeux de tous, bien plus quun simple défi architectural et technique ou encore un objet purement esthétique (ou inesthétique selon certains). Il a aussi financé avec ses propres fonds quelques expériences scientifiques menées directement sur ou depuis la tour Eiffel, qui auront permis de la pérenniser. Pour commencer, il va semployer à convaincre Édouard Lockroy, le ministre de lIndustrie et du Commerce de lépoque, de lancer un concours ayant pour objet détudier la possibilité délever sur le Champ-de-Mars une tour en fer à base carrée de 125 mètres de côté à la base et de 300 mètres de hauteur . Les modalités de ce concours, qui eut lieu en mai 1886, ressemblent tellement au projet défendu par Gustave Eiffel quon pourrait presque croire quil fut écrit de sa propre main. Bien sûr, il nen est rien, mais il est évident que son projet a de grandes chances dêtre retenu pour figurer à lExposition universelle qui se tient trois ans plus tard. Encore faut-il convaincre que lobjet nest pas purement un bâtiment dagrément et quil peut remplir dautres fonctions. En mettant en avant, et ce dès le début, lintérêt scientifique qui peut être retiré de sa tour, lingénieur Eiffel marque indéniablement des points.
L'issue du concours n'est pourtant pas acquise d'avance à Eiffel. La concurrence est rude. 107 projets sont déposés. Gustave Eiffel gagnera finalement ce concours, l'autorisant à construire sa tour pour lExposition universelle de 1889, juste devant Jules Bourdais qui avait entre-temps, troqué le granit pour le fer.
Deux problèmes se posent alors : le système dascenseurs qui ne satisfait pas le jury du concours, obligeant Eiffel à changer de fournisseur, et lemplacement du monument. Au début, il est envisagé de lui faire enjamber la Seine ou de le coller à l'Ancien Palais du Trocadéro devenu aujourd'hui le Palais de Chaillot, avant finalement de décider de la placer directement sur le Champ-de-Mars, lieu de lExposition, et den faire une sorte de porte dentrée monumentale.
Un des ascenseurs Roux, Combaluzier et Lepape qui occupaient les piliers est et ouest. Lemplacement, mais aussi les modalités de construction et dexploitation font lobjet dune convention signée le 8 janvier 1887 entre Édouard Lockroy, ministre du Commerce, agissant au nom de lÉtat français, Eugène Poubelle, préfet de la Seine, agissant ici au nom de la Ville de Paris et Gustave Eiffel, agissant en son nom propre et non pour son entreprise. Cet acte officiel précise notamment le coût prévisionnel de la construction, soit 6,5 millions de francs de lépoque, payés à hauteur de 1,5 million de francs par des subventions (article 7) et pour le reste par une société anonyme ayant pour objet spécifique lexploitation de la tour Eiffel, créée par Gustave Eiffel et financée par lingénieur et un consortium de trois banques. Lécrit précise aussi le prix des entrées qui devra être pratiqué durant lExposition universelle (article 7), que 300 places par mois (au plus) devront être gratuites, que, à chaque étage, une salle spéciale, devra être réservée pour mener des expériences scientifiques et/ou militaires, restant gratuitement à disposition pour les personnes désignées par le Commissaire général (article 8) etc. Enfin, larticle 11 stipule que : Après lExposition et dès la remise du parc du Champ de Mars, la ville deviendra propriétaire de la tour, avec tous les avantages et charges afférents ; mais M. Eiffel, comme complément du prix des travaux, en conservera la jouissance jusquà lexpiration des vingt années qui compteront à compter du 1er janvier 1890, délai au bout duquel cette jouissance fera retour à la Ville de Paris. La remise de la tour sera faite après ces vingt années, en bon état dusage et dentretien, sans quil puisse être exigé de M. Eiffel de réfections spéciales.
Initialement, Gustave Eiffel (ingénieur passé maître dans l'architecture du fer) avait prévu douze mois de travaux ; en réalité, il faudra compter le double. La phase de construction qui débutera le 28 janvier 1887, sachèvera finalement en mars 1889, juste avant louverture officielle de lExposition universelle.
Sur le chantier, le nombre douvriers ne dépassera jamais les 250. Cest que, en fait, une grande partie du travail est fait en amont, dans les usines des entreprises Eiffel à Levallois-Perret. Ainsi, sur les 2 500 000 rivets que compte la tour, seulement 1 050 846 furent posés sur le chantier, soit 42 % du total. La plupart des éléments sont assemblés dans les ateliers de Levallois-Perret, au sol, par tronçons de cinq mètres, avec des boulons provisoires, et ce nest quaprès, sur le chantier, quils sont définitivement remplacés par des rivets posés à chaud. La construction des pièces et leur assemblage ne sont pas le fruit du hasard. 50 ingénieurs exécutèrent pendant deux ans 5 300 dessins densemble ou de détails, et chacune des 18 038 pièces en fer possédait son schéma descriptif. Sur le chantier, dans un premier temps, les ouvriers sattaquent à la maçonnerie en réalisant notamment dénormes socles en béton soutenant les quatre piliers de lédifice. Cela permet de réduire au minimum la pression au sol de lensemble qui n'exerce qu'une très faible poussée de 4,5 kg/cm2 au niveau de ses fondations.
Le montage de la partie métallique proprement dite commence le 1er juillet 1887. Les hommes chargés du montage de ce gigantesque Meccano sont nommés les voltigeurs. Ils sont dirigés par Jean Compagnon. Jusquà 30 mètres de hauteur, les pièces sont montées à laide de grues pivotantes fixées sur le chemin des ascenseurs. Entre 30 et 45 mètres de hauteur, 12 échafaudages en bois sont construits. Une fois passés les 45 mètres de hauteur, il fallut édifier de nouveaux échafaudages, adaptés aux poutres de 70 tonnes qui furent utilisées pour le premier étage. Est ensuite venue lheure de la jonction de ces énormes poutres avec les quatre arêtes, au niveau du premier étage. Cette jonction a été réalisée sans encombre le 7 décembre 1887 et a rendu inutiles les échafaudages temporaires, remplacés dans un premier temps par la première plate-forme (57 mètres), puis, à partir daoût 1888, par la seconde plate-forme (115 mètres).
Mise en perspective de la tour Eiffel et du Trocadéro pendant l'exposition universelle de Paris en 1900.En septembre 1888, alors que le chantier est déjà bien avancé et le deuxième étage construit, les ouvriers se mettent en grève. Ils contestent les horaires de travail (9 heures en hiver et 12 heures lété), ainsi que leur salaire considéré comme maigre eu égard aux risques pris. Gustave Eiffel argue du fait que le risque nest pas différent quils travaillent à 200 mètres daltitude ou à 50, et bien que les ouvriers soient déjà mieux rémunérés que la moyenne de ce qui se pratiquait dans ce secteur à lépoque, il leur concède une augmentation de salaire, mais en refusant de lindexer sur le facteur risque variable selon la hauteur (ce qui était demandé par les ouvriers). Trois mois plus tard, une nouvelle grève éclate, mais cette fois-ci, il tiendra tête et refusera toute négociation.
En mars 1889, le monument est achevé à temps et aucun accident mortel n'aura été déploré parmi les ouvriers (un ouvrier y trouvera toutefois la mort, mais c'était un dimanche, il ne travaillait pas et perdit l'équilibre lors d'une démonstration à sa fiancée). Il aura coûté 1,5 million de francs de plus que prévu, et aura pris le double de temps à être construit que ce qui était initialement prévu dans la convention de janvier 1887. Lédifice achevé ou presque, il restait à prévoir un moyen pour que le public se rende à la troisième plate-forme. Les ascenseurs Backmann, qui étaient initialement prévus dans le projet présenté au concours de mai 1886, ayant été rejetés par le jury, Gustave Eiffel fait appel à trois nouveaux fournisseurs : Roux-Combaluzier et Lepape (devenus Schindler), la société américaine Otis et enfin Léon Edoux (qui a fait ses études dans la même promotion que Gustave Eiffel).
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